mardi 8 novembre 2011

L’Origine Du Nom De Montmartre


Indéterminée, selon, tel ou tel historien, nom romain ? Nom chrétien ? nous laissons au lecteur  le choix, selon ses propres affinités, ses propres déductions



Au  nord de Paris s’élevait une montagne que les Romains appelèrent Mont de Mars, quelques années s’écoulent, et nous l’entendrons appelé le Mont des Martyrs : Montmartre qu’une voie romaine met en communication directe avec la Cité
Dans son livre : Paris dans sa splendeur  édité en 1861 Henri Charpentier écrit

Saint Pierre de Montmartre occupe le sommet de la montagne que les païens nommèrent Mont Martis et les chrétiens Mont des Martyrs en souvenir de saint Denis et de ses compagnons, martyrisés, selon la tradition, sur le versant qui fait face à la ville.
Une crypte fut creusée dans le roc, en cet endroit, dès les premiers siècles chrétiens, puis une chapelle s’éleva sur la crypte. Aujourd’hui, chapelle et crypte, tout a disparu.
Au sommet du coteau, l’ancienne église de religieuses Bénédictines de Montmartre, église édifiée vers 1133, par le roi Louis le Gros et la reine Alix, et consacrée par le pape Eugène III, en présence de saint Bernard et de Pierre le Vénérable.
L’abside, ou chœur des dames conserve tout le caractère de son ancienne architecture ; malheureusement,  cette partie de l’édifice sert aujourd’hui de magasin 
L’office paroissial se fait dans la nef. Les voûtes des collatéraux ont été tristement défigurées par des restaurations modernes ; la chaire est du XVIIIème siècle ; la façade de construction peu ancienne et sans caractère. On remarque dans l’église une cuve pour les fronts baptismaux qui rappelle les bonnes sculptures de la Renaissance, et, près de la porte, deux colonnes de marbre vert, débris oubliés sans doute de quelque temple païen
Le calvaire de Montmartre est, chaque année, aux fêtes de la Croix, l’objet d’un pieu pèlerinage ; il s’élève près de l’église et rappelle, par sa forme et ses dimensions, celui de Jérusalem. En avant se déroulent des deux côtés d’un jardin les stations d’une voie douloureuse dans de petites chapelles ogivales ou romanes.
Les nobles abbesses du couvent ont laissé leurs noms à bien des rues :  la rue De La Rochefoucault, la rue De Rochechouart, celle De La Tout D’Auvergne. car à cette époque, ne l’oublions pas, le village de Montmartre s’étendait beaucoup plus bas dans ce qui est maintenant Paris




Jacques Hillairet dans CONNAISSANCE DU VIEUX PARIS   (ed : Rivages) :

L’étymologie du nom de Montmartre reste un sujet de controverse. Les uns le font dériver de Mons Mercurii ( le mont de Mercure) ou Monts Martis ( le mont de Mars) : la Butte ayant été surmontée, au temps de l’occupation romaine, par deux temples élevés à ces divinités ; les autres le font dériver de Mons Martyrum (le mont des Martyrs) à cause du martyre que saint Denis et ses compagnons subirent, selon la légende, à mi-hauteur de la Butte. Cette dernière étymologie est plus régulière, c’est l’étymologie savante, celle dont se servit au IXè siècle Hilduin, abbé de Saint-Denis, mais il est possible qu’il l’ait créée à cette époque pour les besoins de la cause qu’il défendait, c’est à dire la légende de saint Denis. Mais quoique le nom de Mont des Martyrs fut, sous Louis XIV, l’appellation officielle de la colline, le nom de Montmartre peut fort bien cependant être une déformation populaire de Mons Mercurii ou de Mons Martis.




Alfred Fierro dans Mystères de l’histoire de Paris (édition Parigramme) :
 Les subtilités linguistiques

Les querelles des linguistes me dépassent et je me bornerai ici à en livrer un bref résumé. Julien Havet estime que Montmartre dérive de Mons Mercore, Auguste Longnon le réfute en disant que Mont Mercurii, accentué sur u bref n’a pu donner en roman que Montmerqueur ou Montmerqueu, pour aboutir finalement à Montmalchus, en passant par les intermédiaires Montmercu, Montmarcu, Montmalcu. Il en déduit ensuite que Montmartre est issu de Mons Martyrum.
L’abbé Meunier pense, au contraire, que Montmartre vient de Mons Mercurii, déformé par le langage populaire en Mons Mercorii, puis en Mont Mercre, de la même manière que dies Mercoris est devenu dimercres en provençal et Mercredi en français. De là, on serait passé à Mont Mertre et à Montmartre. Le brave abbé prie les bons catholiques de le pardonner de rendre à Mercure ce qu’on avait attribué aux martyrs de la chrétienté parisienne naissante.
Albert Dauzat massacre Meunier en quelques lignes, l’accuse de « deux hérésies phonétiques » et rejoint la position de Longnon.
André Videau suit également Longnon, mais ajoute une argumentation à base archéologique qui mérite d’être évoquée
Il rappelle qu’il existe près d’Avallon une colline nommée Montmartre que couronnait un temple de Mercure. Des fouilles en mirent les restes au jour en 1822 avec un fragment de dédicace à Mercure. Videau conclut en souhaitant que l’archéologie fasse la preuve de l’existence ou de l’absence d’un temple dédié à Mercure sur le Montmartre parisien


Danielle Chadych Dominique Leborgne     dans : Le guide du promeneur 18ème arrondissement
                                                                                              Ed : Parigramme
 En 742, une chronique de Frégédaire, désignait Montmartre sous le nom de « Mont Mercure » (mont de Mercure). La Butte fut probablement occupée au 1er siècle. Des ruines datant de cette époque furent mises à jour près de l’actuel moulin de la Galette. D’après les textes et un tableau du XVè siècle, La Descente de croix (conservée au Louvre), on pense que ces vestiges seraient ceux d’un temple attribué à Mercure. Selon Henri Sauval, son mur, haut d’environ 10m, en pierres appareillées, se dressant sur la pende sud-ouest de la colline fut détruit par un ouragan en 1618. Montmartre s’appela aussi « Mont Martis » (Mont de Mars), avant d’être nommé « Mont des Martyrs » au XIè siècle, dans le but d’éclipser un culte païen. En 1846 fut dégagé un bâtiment rectangulaire à pilastres, vraisemblablement un temple gallo-romain dédié à Mars, au nord de l’église saint-Pierre. En 1975-1980, les archéologues y découvrirent les vestiges d’un édifice, une monnaie en argent d’Hadrien et un ex-voto en forme d’œil (exposé au musée Carnavalet).

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